Un billet de Thomas Barbéra, blogueur invité sur Descary.com

Tandis que Benoit m’ouvre gentiment la porte de son blog pour parler de médias sociaux voilà que je commence mon billet par une blague. Il y aurait eu mille et une façons plus conventionnelles de débuter cet article, mais cette blague n’a pas été choisie par hasard…

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures 

L’objectif de cet article est de vous faire part d’une vieille recette de grand-mère qui va vous permettre de mesurer précisément la lisibilité de vos tweets. L’intérêt de cette méthode est qu’elle permet d’améliorer la lisibilité de vos tweets de façon objective.

Depuis 1943 et les premières formules de Rudolf Flesh, plusieurs chercheurs travaillent pour fournir un indice de lisibilité représentatif de la facilité de lecture.

Mesurer la lisibilité de votre tweet

Afin de présenter les théories sur la lisibilité, rien de tel qu’une mise en pratique. Pour cela, j’ai choisi une formule simple et rapide à mettre en oeuvre. Nous allons utiliser l’indice de facilité de lecture de R. Flesh.

La formule en question

I = 206,835 – 84,6 * SW – 1,015 * WS

I : Indice de lisibilité
SW : moyenne de syllabes par mot (syllabes / words
WS : moyenne de mots par phrase (words / sentences)

Travaux pratiques : mesurez la lisibilité de votre tweet

Oublions le caractère humoristique de ma blague sur la bière et vérifions si celle-ci est lisible.

Nombre de mots total : 17 mots
Nombre de syllables total : 24 syllables
Nombre de phrases total : 2 phrases

SW : 24 syllabes / 17 mots = 1,411 syllabe par mots
WS : 17 mots / 2 phrases = 8,5 mots par phrases

I = 206,835 – 84,6 * 1,411 – 1,015 * 8,5 = 78,835

I = 78,835

C’est cool, mais ça veut dire quoi ?

Une fois que vous avez votre indice, il suffit de vous reporter au tableau ci-dessous :

Score de facilité de lecture

Style d’écriture

Type de publication

0 – 30 Très difficile Scientifique
30 – 50 Difficile Académique
50 – 60 Assez difficile Qualité
60 – 70 Standard Digeste
70 – 80 Assez facile Slick Fiction
80 – 90 Facile Pulp Fiction
90 – 100 Très facile Bande dessinée

D’après l’échelle, mon tweet est « assez facile » à lire (presque facile).

Grâce à sa bonne lisibilité et à ses teintes humoristiques, il a tout pour générer plein de RTs.

 

Astuce pour les gros gros flemmards !
Pour ceux qui ont vraiment la flemme de compter le nombre de syllabes et de mots dans 140 caractères, sachez que Microsoft Word vous permet de mesurer la lisibilité de vos textes.

Pour cela, il vous suffit de consulter le tutoriel explicatif (HS: ils ont énormément copié Google dans leur nouvelle FAQ).

Quelles conclusions tirer de cette formule ?

  1. Utilisez des mots courts
  2. Faites des phrases courtes, n’hésitez pas à couper vos phrases

Ce sont des concepts de base du wording et de l’écriture, mais il est toujours intéressant de montrer que ces vérités sont appuyées par la science et l’académie.

Cependant, veillez à ne pas appauvrir vos phrases en retirant trop de mots. Elles pourraient devenir incompréhensibles.

Une mesure trop simpliste ?

Flesch n’est pas le seul académicien à avoir étudié la lisibilité. La formule de facilité de lecture a été souvent critiquée. Elle ne présenterait pas une vision assez large de la lisibilité. On lui reproche souvent de ne pas prendre en compte le lecteur par exemple.

Certaines formules considèrent la simplicité lexicale (Date and Chall, 1949) ou la motivation du lecteur à lire par exemple (Klare and McDonald Ross, 1981).

Pour grossir le trait, ces études intègrent :

  • la familiarité des mots que vous utilisez dans votre tweet (diriez-vous antépénultième ou avant dernier ?)
  • la flemme du lecteur (n’avez-vous jamais eu la flemme de lire un tweet avec 15 #hashtags ?)

Vous concentrez-vous pour lire ce tweet ?

Conférence #Smart #Mercedes au @mondialauto! petit clin d’oeil a @jeanbaptistelec 🙂 #MondialAuto — Beauduin J. (@beauduinj) Septembre 27, 2012

Les #hashtags et @mentions obstruent la lisibilité du tweet en plein milieu. Ce sont les changements typographiques qui rendent la lecture difficile.

Du coup, vous allez plus facilement zapper ce tweet qu’un autre, car vous avez la flemme de le lire.

Des formules plus complètes, mais beaucoup plus complexes

Tous ces facteurs sont intéressants, car ils permettent d’avoir une vision plus large de la lisibilité.

Cependant, ils sont coûteux à mettre en place. Je vous laisse mesurer la motivation de chacun de vos followers à lire vos tweets.

Vous devriez sonder chacun d’entre eux pour savoir comment ils ont ressenti votre message. Bon courage ! 😀

Merci Benoit 😉
J’ai étudié la lisibilité des messages courts au cours de mon mémoire de fin d’études. J’ai essayé d’en résumer les grandes lignes, mais ce n’est pas simple, car le sujet est hyper large.

Je remercie Benoit de m’avoir ouvert son blog. Cela faisait longtemps que je voulais parler de ce sujet sans avoir vraiment d’endroit pour le faire.

Thomas Barbéra

Retrouvez Thomas sur son blog et sur Twitter.

9 COMMENTAIRES

  1. Sans confondre confiture et soupe, je suis tout à fait d’accord avec l’analyse. Merci Thomas!

    Parler court, dense, mais simple.
    Comme St Ex le rappelle, la perfection est atteinte quand il n’y a plus rien à enlever.

    Et le changement de typo, de couleur… fait augmenter la complexité. Et donc la perplexité.

    En écriture, le zen est une bonne ambiance !

    On est très loin du 20h et son changement de plan (et de fond) plusieurs fois par minute, qui empêche toute mémorisation précise.

    Merci Benoît d’avoir accueilli cet article et son auteur !
    Thomas, ce sera avec plaisir que je posterai un article sur « l’écrit » dans mes colonnes, si l’envie vous prend 🙂

    Belle journée à toutes et tous !

    • Hello Mark,

      Je vous remercie pour les compliments sur l’article.

      Quelle est votre blog ? Si vous le souhaitez, je peux approfondir le sujet sur votre blog. Ce sera avec plaisir…

      Il existe notamment des théories sur la typographie et l’incidence sur la lisibilité.

      Encore plus intéressante, d’autres études ultérieures classent les mots en deux groupes, les mots qui donnent du sens à la phrase et les mots insignifiants. On parle de definitve words. C’est un concept que je trouve le plus objectif.

      Belle soirée à toi,
      Tom

  2. Merci Thomas pour cette jolie recette et ces différents conseils ! Je dois avouer que je me suis plus penché sur la partie simplifiée de l’article pour le moment ^^

    Beaucoup d’utilisateurs de Twitter oublient parfois que l’objectif de base d’un tweet c’est qu’il soit compréhensible de tous. La Hashtag mania est présente chez de nombreuses personnes, qui cherchent la visibilité à tout prix alors qu’il faut parfois revenir aux sources avec des éléments simple, clair et concis ! Ça ne fait jamais de mal de prendre un peu de recul sur sa manière de rédiger ses tweets …

    Très bon article en tout cas, à garder bien au chaud dans mes favoris 😉

    • Hello Mikael,

      Merci à toi également pour les compliments.
      Les hashtags ne sont pas à exclure pour autant… Personnellement, j’en intègre souvent car de la même manière qu’un keyword, ils permettent de qualifier le tweet, de lui donner une identité.

      Ce qu’il faut éviter à mon sens, c’est de la mettre en plein milieu d’une phrase. Cela obstrue clairement la lisibilité.

      En gros, je suis pour les hashtag mais en fin de tweet.

      #keyword #tweet

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